Nouveau GooglePhone : un modèle disruptif de marketing et de distribution ?
La toile est en ébullition depuis quelques mois sous le feu des rumeurs, et ça y est, c’est fait : Google vient de présenter son premier téléphone, le Nexus One.
Alors, iPhone Killer ?
Nous laisserons les consommateurs répondre, tant cette question trop souvent formulée par tous les concurrents d’Apple est vaine. C’est le public qui décidera des ventes et de l’éventuelle adhésion populaire autour du produit.
Là où Google a été (une fois de plus) plus malin, c’est qu’il ne se positionne pas face à Apple. Au contraire, il a inventé un modèle disruptif pour développer, marketer et distribuer son téléphone.
L’intérêt de Google pour les smartphones est connu. Ces nouveaux devices, en proposant des accès Internet simplifiés et nomades, facilitent l’accès à l’écosystème Google. Il devient alors nécessaire pour la firme de Mountain View de maîtriser cet accès pour ne pas se faire exclure de l’accès traditionnel à Internet, c’est-à-dire par la homepage Google. C’est ce qui s’était passé au début des 2000’s lorsque Google a évincé les AOL, Yahoo et le modèle de « portail Internet », carrefour d’audience des internautes. Pour éviter que l’Internet nomade se fasse sans Google, ils se devaient de prendre pied dans un territoire alors hors de leur sphère naturelle d’influence : les devices. Nous avons déjà parlé de cette logique d’extension de territoire.
Cette maîtrise des smartphones s’est faite en plusieurs étapes :
- 2005 : Acquisition de la start-up Android
- 2007 : Formation de la Open Handset Alliance avec 32 partenaires constructeurs ou opérateurs, pour lancer son système d’exploitation mobile Android
- 2008 : Lancement de plusieurs terminaux doté de cet OS, pour perfectionner les fonctionalités d’Android et affiner sa vision du mobile
- 2009 : Lancement du Nexus One, premier Google Phone
Des questions suscitées
Le Nexus One suscite beaucoup de questions. D’ordre technique : est-il plus performant que l’iPhone ou le Blackberry ? D’ordre marketing : quel positionnement face au professionnel Blackberry et au grand public iPhone ? De l’ordre de la communication et de la distribution.
Au vu des spécifications techniques (lues sur presse-citron) et des premiers beta-tests (analyse Forrester Research), la bête ne serait pas le iPhone killer attendu. Il n’y aura pas disruption, le Google Phone est un smartphone parmi d’autres. En cela, il s’inscrit dans la continuité des précédents modèles HTC tournant sous Android.
La distribution sera assurée pour l’instant par l’opérateur T-Mobile aux USA, suivi par Verizon et Vodafone. Il n’y aura pas d’exclusivité comme Apple avait tenté de l’imposer à ses débuts. En effet, Google n’est pas un fabricant de devices ni un opérateur, son intérêt est donc une diffusion la plus large possible de ses téléphones, pour assurer un accès à internet via ses browsers et applications le plus étendu possible.
Il est question que Google ouvre pour l’occasion sa propre boutique d’applications, comme le AppStore Apple.
Mais l’intérêt de Google est à trouver ailleurs, pour le moment.
Un modèle disruptif
Disruptif, il l’est de par son nom, déjà.
Google l’a nommé SuperPhone, et non Smartphone, comme tous les concurrents. Rien que par la dénomination, il souhaite échapper à une catégorie pour créer la sienne. On comprend que ce qui intéresse Google avant tout, c’est de maîtriser l’accès à internet.
Disruptif, il ne l’est pas par son modèle de distribution (pour l’instant).
Les rumeurs les plus folles parlait d’un téléphone distribué directement sur Internet. Ce n’est pas le cas pour l’instant. En revanche, si le Nexus One sera distribué (et subventionné) par des opérateurs, il sera peut-être aussi distribué par Google lui-même, online. Avec la puissance de frappe marketing du site numéro 1 au monde, on peut envisager que la firme fasse ce que nous promet Free avec son prochain mobile en France.
Disruptif, il l’est par les choix stratégiques qui ont présidé à sa fabrication.
Le Nexus One est le premier « Open mobile » fabriqué à grande échelle. C’est là où l’on voit la culture Internet de Google, qui a choisit le modèle de l’open source à tous les étages : la fabrication est externalisée à HTC, Android est open source, l’émulateur d’applications et l’OS Android sont ouverts aux programmateurs, le co-branding de la marque Google sera généralisé probablement à d’autres constructeurs que HTC. Enfin, les logiciels Google embarqués tels que Gmail, Youtube ou Maps resteront non exclusifs (comprendre : équiperont encore iPhone).
Bref, les choix sont rigoureusement opposés à ceux d’Apple.
Disruptif, il l’est par le marketing et la communication.
Comme le souligne Techcrunch, la grosse machine s’est déjà mise en marche. Un lien sur la homepage Youtube vers la chaîne dédiée au Nexus One, des mots clés Google adwords (ce qui signifie que Google achète des mots clés à la place e ses concurrents). De là à supputer qu’il y aura bientôt des liens de pub surla sacro-sainte homepage Google, parée de sa traditionnelle virginité immaculée…













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