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Le retour du mâle

16 décembre 2009 Un Commentaire

L’émancipation sociale des femmes a été l’un des évènements majeurs du XXe siècle. Elle a bouleversé les relations hommes-femmes traditionnelles en retirant aux hommes une partie de leurs prérogatives habituelles.

Si les femmes sont indépendantes socialement et financièrement, comment appréhender son rôle d’homme pourvoyeur et dominant ? Comment penser la virilité quand on gagne moins que sa femme et qu’on garde les enfants à la maison ?

Cette évolution majeure des mœurs conjuguée à la découverte de la cible masculine par les entreprises de cosmétique et de mode ont flouté dans l’esprit des hommes les frontières de l’ hétérosexualité et de la virilité.

Tout près du poil

Conséquence d’une décennie dominée par l’image du métrosexuel rasé de près et du mannequin adolescent glabre, le poil a fait un grand retour dernièrement. Conformément à la loi du couturier Poiret, qui veut qu’une tendance soit suivie par une tendance inverse, tout excès en matière de mode étant signe de fin.

Ainsi, à la réappropriation de la mode par les hommes, qui a donné ce phénomène über-gay qu’était le métrosexuel, a succédé la réappropriation de la virilité. Qui passe par le poil, car comme le disait Arnolphe dans l’Ecole des femmes :

« À d’austères devoirs le rang de femme engage, Et vous n’y montez pas, à ce que je prétends, Pour être libertine et prendre du bon temps. Votre sexe n’est là que pour la dépendance : Du côté de la barbe est la toute-puissance. »

D’où le succès médiatique d’un Sébastien Chabal, homme des cavernes bourru qui n’aurait pas eu autant de sponsors il y a 5 ans.
caron-chabal

D’où le succès des tondeuses à barbe et des cheveux mi-longs.
D’où, plus pointu, le succès de la moustache (et des clubs de moustachus en tout genre), qui se fond dans une autre tendance, celle du geek et de la réhabilitation du ringard.

Le novocasual

Pour qualifier cette nouvelle tendance et lui mettre un mot, certains proposent le « novocasual ».

Ainsi, L’Oréal a enquêté auprès de psychanalystes, de coaches et de sociologues. La conclusion ? L’homme des années 2010 s’est « débarrassé du carcan imposé par des modèles machistes ou ultraféministes ». Le « novocasual» est le mouton à cinq pattes de la cause masculine. « Il s’est réconcilié avec toutes ses composantes essentielles : virilité, créativité, sensibilité, séduction et charisme. »

Patrick-Dempsey

Ah bon, ah bon…
Ce qui est sûr, c’est que l’homme a du se réconcilier avec sa part de féminité et consentir à partager les tâches ménagères, changer les couches du môme, descendre les poubelles et même prendre soin de lui par moultes crèmes et baumes anti-âge.

La médiatisation de la drague

Conséquence directe de ce sentiment de perte de repères masculins dans un monde où la femme peut être patronne et dragueuse, le come-back  de la drague, symbolisé par le  best-seller (250.000 exemplaires vendus) de Neil Strauss, The Game.

Ce livre, mi fiction, mi auto-biographie, décrit les tribulations de ce journaliste au sein de la communauté des dragueurs américains. Apparus vers 2005 à la faveur des forums internet, ces jeunes américains s’échangeaient trucs de séduction et retour d’expériences de drague dans le but d’injecter du fun dans leurs vies, de se réapproprier le rôle viril de chasseur de femmes, et accessoirement, d’enfin réussir à conclure.

Cette vague avait été précédée en France par quelques moralistes (Zemmour, Soral) dont les livres controversés appelaient de leurs vœux un retour du masculin dans un monde de femmelettes.

Morgan-de-Toi


La virilité vintage

Quand on s’interroge sur le présent (de l’homme), on regarde généralement dans le rétroviseur. D’où une certaine fascination exercée par un passé viril

  • où les hommes fumaient, trompaient leurs femmes et appelaient les secrétaires « mon lapin » (Succès populaire de la série Mad Men)
  • où les hommes avaient la classe d’un Cary Grant (livres et publicités sur les icônes vintage que sont Cary Grant et Steve McQueen, mode des cocktails et des accessoires classique de la masculinité comme cravate et noeuds papillon…)
  • où les hommes savaient ce qu’ils voulaient (la version française de GQ est apparue pour les aider)
  • où les hommes étaient machos et virils (mode des chemises de bûcheron, des chaussures Timberland, des jeans troués, …)

Pistes à exploiter :

  • le retour de l’homme chasseur, la guerre des sexes face à la femme Morgan, l’homme charmeur plutôt que le Don Juan caricatural au sourire bright, …
  • une mode moins gay et moins ado, moins ajustée, moins colorée,
  • le come-back du muscle : salles de  sport, méthodes de musculation, films « costaux »,
  • moins de féminisme pur et dur, des femmes qui appellent de leur vœux un homme viril


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Un Commentaire »

  • Blusher écrit :

    Une analyse pertinente qui mériterait d’être légèrement mise à jour. L’homme a encore de beaux jours devant lui pour peu qu’il ne laisse sa personnalité naviguer d’un extrême à l’autre aux gré des diktats des bureaux de marketing.

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